EGLISE SAINT AUBIN DE DOUDEAUVILLE-EN-VEXIN     -    La Statue de Jeanne d'Arc                                                    

Contribution de Jean Baboux - octobre 2017

 

"La statue en plâtre de Jeanne d'Arc de l'église de Doudeauville est une "édition" soignée d'un éditeur connu, travaillant à Orléans,  Marcel Marrou  (1877-1954) ; ce n'est pas le plus prolifique, mais il était important. Il fut producteur dde cartes postales, mais aussi éditeur de statues industrielles de Jeanne, ayant noué un accord commercial avec le sculpteur Charles Desvergnes.

 

C'est une bonne nouvelle d'apprendre sa restauration ; ce patrimoine modeste pendant longtemps avait été négligé, aujourd'hui il suscite des travaux universitaires et les statues de Jeanne d'Arc ne sont plus remisées dans des débarras, voire purement détruites.

 

Cette statue représente "Jeanne d'Arc au sacre" telle que l'avait représentée Ingres dans un tableau en 1854 : Jeanne assiste au sacre de Charles VII le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, revêtue de son armure, l'épée au côté, tenant dans la main la hampe de son étendard : « Il avait été à la peine, c'était bien raison qu'il fût à l'honneur ».

 

Une importante vague d'achats de statues de Jeanne d'Arc suivit sa béatification en juillet 1909. Ensuite, pendant la Grande Guerre Jeanne d'Arc devint la sainte de la patrie, symbolisant la résistance de la France face à l'invasion ennemie. Après la victoire, de nouvelles statues furent mises dans les églises, souvent à proximité de la plaque des soldats tués à la guerre. Sa sanctification (canonisation ndlr) en 1920 provoqua quelques achats, mais la plupart des églises étaient déjà pourvues d'une statue de Jeanne d'Arc, souvent c'était une Jeanne d'Arc au sacre, mais nous avons également des statues de Jeanne orante (en prières) ou bien une Jeanne pastoure (gardant ses moutons) ou encore une Jeanne dolante (Jeanne sur le bûcher).

 

La statue de Doudeauville prouve l'organisation d'une fête patriotique dans la commune, une fête religieuse, mais aussi civile où participent les associations patriotiques avec leurs drapeaux, le cortège des veuves de guerre, de mutilés, voire d'orphelins pupilles de la nation. À cette occasion l'église du village est pleine à craquer, l'anticléricalisme d'avant guerre est mort dans les tranchées, la solidarité entre les camarades dépassant les clivages philosophiques ou sociaux.

Normalement, cette fête a dû faire l'objet d'une mention dans le registre de délibérations du conseil municipal."

 

 

Jean Baboux

 

A NOUS DONC DE CONTINUER LES RECHERCHES SUR LE SUJET ! Remerciements à M. Baboux



 

 

Jean Charles DESVERGNES

 

"Né à Bellegarde dans le Loiret (1860-1928) d'un père boulanger. Il fut remarqué par le châtelain local pour ses talents de modelage et reçoit le soutien du directeur du musée des beaux arts d'Orléans, Eudoxe Marcille (1814-1890). En 1874;, il entre dans l'atelier d'Henri Chapu (1833-1891) et gagne l'Ecole nationale des beaux arts de Paris l'année suivante, ses études financées par le Conseil général du Loiret et par sa ville natale.

En 1887 il obtient le deuxième prix de Rome avec "Thésée rendant à Oedipe ses deux filles" avant de remporter le Grand Prix de Rome en 1889 avec "Le retour de l'enfant prodigue". Il séjourne à Rome de 1890 à1893 à la Villa Médicis.

De retour à Paris, il participe à des concours de décoration de bâtiments publics ou d'édifices religieux.

Réalisations : monument commémoratif du combat des Aydes (Orléans 1898) - Monument au morts de la guerre de 1870 (Melun). "

Source www.nella-buscot.com

Mais ce sont ses statues de Jeanne qui l'on vraiment rendu populaire.

 

Il proposa au salon de 1909 une Jeanne qui devint bientôt la "Bienheureuse Jeanne d'Arc".

Cette oeuvre acquiert rapidement un vif succès que le sculpteur a su parfaitement exploiter.

Son accord commercial avec la maison Marcel Marron d'Orléans lui permet d'ouvrir un atelier sur les hauteurs de Meudon et de s'entourer de collaborateurs et d'ouvriers. 

Le succès, soutenu par une adroite et abondante publicité, redoubla avec la canonisation de Jean en 1920.

On a repéré plus d'une centaine d'exemplaires de cette statue en plâtre. Certaines ne sont pas peintes. Sur d'autres, le fond de la jupe est bleu ciel ou bleu foncé, voire blanc.

Desvergnes a également réalisé des sculptures sur le Petit Palais à Paris (façade Est), , l'hommage à Jean de Meung (Meung sur Loire), le monument expiatoire de la cathédrale de Beauvais (1928) et bien d'autres œuvres.

 

             Orléans                                    Melun                           Meung sur Loire

        Auch             Notre Dame de Paris         Cathédrale de Beauvais        Paris - Père Lachaise